Reputation selon Le Parisien

Bonjour Swifties,

Voici un article paru sur le site du journal Le Parisien parlant de l’album de Taylor Swift Reputation.

La star américaine sort ce vendredi son nouvel album. Nous avons pu l’écouter en avant-première.

Les deux disques les plus attendus avant Noël ? « Songs Of Experience » de U2, qui sortira le 1er décembre, et « Reputation » de Taylor Swift, dévoilé ce vendredi. Du haut de ses 27 ans, la chanteuse américaine pèse même plus lourd que le groupe irlandais aux quatre décennies de carrière. Elle compte plus de 100 millions d’abonnés sur Twitter et 73 millions sur Facebook.
Ses tournées sont parmi les plus lucratives et ses trois derniers albums « Speak Now », « Red » et « 1989 » ont cumulé 20 millions de ventes. Et si l’on se fie aux 400 000 précommandes de « Reputation » aux Etats-Unis, son 6e album devrait être la plus grosse vente de l’année d’une chanteuse, devant Pink et Katy Perry.
Taylor Swift ne cesse d’albums en albums de gagner des fans sur la planète. Un chiffre : alors que son tube « Shake It Off » avait été vu 210 millions de fois sur Internet deux mois après sa sortie, le premier clip de son nouvel album, le très spectaculaire « Look What You Made Me Do », a été regardé 676 millions de fois sur la même période. Mais le Vieux continent résiste encore et toujours à la Swiftmania.

Une écoute sous haute surveillance

« Reputation », qui sort ce vendredi matin, va-t-il faire enfin craquer la France, où Taylor Swift ne s’est pas produite depuis mars 2011 au Zénith de Paris et n’a vendu « que » 130 000 exemplaires – cd, téléchargements et streaming compris – de son dernier disque en date « 1989 » sorti il y a trois ans ? Pour écouter l’album avant sa sortie mondiale ce vendredi, nous avons dû nous conformer à un dispositif de sécurité et de confidentialité draconien. Depuis que Madonna et Lady Gaga ont été piratées, la peur des fuites est à la hauteur de l’énorme objectif de vente.

Fait rarissime, Taylor Swift a choisi les médias qui ont découvert en avant-première son album et c’est son attachée de presse londonienne qui est venue en personne assurer les écoutes individuelles au siège d’Universal à Paris. Nous avons d’abord signé l’engagement de ne rien publier avant ce vendredi à 6h01 et donné nos comptes sur les réseaux sociaux pour qu’Universal puisse s’assurer que nous n’avons pas menti.
Puis nous avons écouté au casque le disque à partir d’un ordinateur. Nous disposions de la liste des chansons, des paroles et d’une note d’intention de l’artiste que nous avons dû rendre après l’écoute. Et nous avons été priés de ne pas utiliser notre téléphone portable.
« Reputation » vaut-il toutes ces précautions ? Oui même s’il est difficile en une seule écoute de prédire l’avenir d’un album particulièrement long et dense : 15 titres couvrant 59 minutes ! On connaît déjà quatre chansons dévoilées sur Spotify et deux vidéos sur Vevo, où Taylor Swift dit définitivement adieu à la country qui a fait sa gloire outre-Atlantique pour jouer les guerrières futuristes. Et elles résument assez bien l’idée de cet album à deux facettes.
L’une pop comme les deux disques précédents, lorsque les titres sont coécrits et produits avec le petit génie Jack Antonoff, qui a déjà œuvré sur les derniers albums de Pink, Lorde et St. Vincent. L’une plus électro, lorsqu’elle collabore avec le duo de sorciers suédois Max Martin et Shellback, qui avaient déjà réalisé son « Shake It Off ».

Un duo avec Ed Sheeran

De la première écoute ressortent, outre les efficaces deux premiers singles, « Look What You Made Me do » et « Ready For It », le puissant « End Game », écrit et chanté avec Ed Sheeran, le gospel ultramoderne « Don’t Blame Me », les punchy « So It Goes », « Dancing With Our Hands Tied » et « Getaway Car » et enfin l’Ovni « New Year’s Day », sans rapport avec le classique de U2, seul moment de calme qui clôt l’album entre piano et guitare acoustique.
Taylor Swift, qui coécrit et coproduit toutes les chansons, pousse le curseur de la modernité un peu plus loin et prend de vitesse Lady Gaga et Katy Perry, en tout cas sur leurs derniers albums. Mais ce qui saute aux oreilles surtout, c’est le changement de tonalité de ses textes. L’album est beaucoup plus sombre et provocateur que les précédents. Dans « Reputation », Taylor Swift brise son image de parfaite petite file de l’Amérique, à qui tout réussit, pour dresser d’elle un autoportrait pas toujours flatteur.
Chaque texte est une déclaration d’amour ou de guerre adressée à un amoureux, passé ou présent, où elle se décrit souvent larguée et dévergondée. « Le whisky sur glaçon, les couchers de soleil et le vin ont ruiné ma vie », chante-t-elle dans « Gorgeous ». « Nous étions les Bonnie and Clyde de la jet-set » écrit-elle dans « Getaway Car », « Je fais les mêmes erreurs/Je n’apprends jamais » regrette-t-elle dans « Call It What You Want ».
Comme le résume son titre, cet album est une fascinante et impressionnante plongée dans le cerveau d’une superstar de 27 ans « dans l’oeil du public depuis l’âge de 15 ans ». « Mes peines de coeur sont utilisées par les médias pour divertir les gens et mes erreurs sont utilisées contre moi », écrit-elle dans la note d’intention de l’album, où elle dévoile son intimité et ses fêlures comme jamais.
Taylor Swift sait que les blogs people vont encore chercher à quel homme, à quelle ex, chaque chanson est adressée. Mais elle ajoute que d’ores et déjà, ils font fausse route. « Comme tous les êtres humains, je suis une mosaïque, impossible à simplifier. Vous pensez me connaître, mais je ne vous montre que ce que je veux de moi. » En termes d’image et de maturité, Taylor Swift a aussi un coup d’avance sur la concurrence.

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *